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Chine, nous voilà !

Categorie : Oulan-Baator, Transmongolien

Il paraît que la nuit porte conseil. Ce qui est sûr en tout cas c’est qu’au réveil je me sens bien mieux qu’au coucher ! Malgré une impression de déjà vu, car cette journée est la journée de départ d’Oulan-Baator tout comme aurait dû être la veille, cette fois-ci on compte bien y parvenir. Ainsi, après avoir fait changer nos billets à la gare avec miraculeusement que 1 600T de changement (heureusement on n’a pas eu à repayer des billets) nous restons à l’Auberge à lire, écrire les compte rendu, manger et regarder la télévision jusqu’à 14H, heure à laquelle nous nous dirigeons à la Gare. C’est donc logiquement que nous arriverons à celle-ci bien avant le train, qui lui est à 16h30, ne voulant pas cette fois laisser de place au hasard. Pour ma part, je n’ai qu’une hâte, celle de partir. L’épisode de la veille ma réellement donné envie de changer d’air et désormais je ne sais plus rien apprécier dans cette ville et n’ai plus aucune attente vis-à-vis des mongols. Un seul nom en tête : Pékin ! Pékin ! Pékin ! Ceci explique que lorsque une vieille dame ou un jeune mongol viendront nous parler pendant qu’on attendait le train, je ne répondrais que par le stricte minimum comptant au maximum sur Marylou pour les discussions. Dès le départ, je sais ma réaction décevante et imbécile face a des gens qui voulaient simplement sympathiser avec leur maigre anglais, mais c’est plus fort que moi, je sature, j’ai besoin de changer d’air.

Le train arrive. Ni une ni deux, on monte dedans… ou du moins après avoir montré nos billets aux provonidtsa de chaque wagon qui nous indiquait qu’on était toujours plus en arrière du train. C’est donc au dernier wagon que l’on trouvera ne place dans un espace similaire au Transsibérien alors qu’on a payé le prix de places assises. On aura donc cette fois les couchettes du bas avec pour seule différence que ne seront distribué ni matelas, ni draps. Alors qu’une femme et un mongol occupent les couchettes du haut, bien qu’ils soient assis sur nos couchettes tant qu’ils ne dorment pas, un grand et costaud Mongol occupe la couchette du bas le long du couloir tandis qu’un autre occupe celle du haut.

 Si au départ chacun reste relativement dans son coin -et c’est pas moi malhreusement qui vais provoquer la discussion vu mon état d’esprit – ce qui nous permet de lire, manger et nous détendre quelque peu, rapidement le mongol situé sur la couchette du haut le long du couloir, vient nous voir et nous parler. Du nom de Tulga, il possède des rudiments d’anglais plus un petit dictionnaire anglais-mongol dont il ne cessera au début de tourner les pages. Etant très curieux, il pose de nombreuses questions que Marylou et moi-même nous lui retournons, et est rapidement rejoins par Tanzorig (prononcer Gonzorig), l’homme dormant au-dessus de Marylou, Oyunkxua le costaud mongol de la couchette le long du couloir et Munnktenger, un enfant de 10-11 ans dont la couchette est située dans la « zone des six couchettes » (4 d’un côté du couloir et 2 de l’autre) juste après la nôtre et qui n’avait cessé depuis le début de lancer de sourires et regards curieux. A 6, nous tentons de communiquer joyeusement, se présentant tour à tour, et ce notamment par écrit sur une feuille que je garde précieusement, puis en se posant ensuite des questions à la volée. Si je dis « nous », je dois bien avouer que pour ma part, je suis un peu absent, tentant de faire mon possible pour paraître agréable et profiter de ce moment unique, mais je n’arrive pas à chasser le ras-le-bol de mon esprit et ce malgré une volonté ardente. Bref toujours est-il que nous viendrons à nous faire passer pour un couple marié et de futurs parents… pas que nous voulions les tromper ! mais leur anglais est parfois si mince et les questions tournées d’une telle manière que nous ne souhaitons pas compliquer la situation en explications qu’ils ne comprendraient pas nécessairement. Ceci dit, une fois ce méfait accompli, on se promettra de toujours tenter de clarifier les choses, quitte à perdre la compréhension de nos interlocuteurs, car nous n’aimerions pas en retour que nos amis nous raconte des salades quant à leur véritable identité. Et puis il faut dire aussi qu’une fois qu’on confirme leurs soupçons en leur annonçant qu’on va être parents, ils nous obligent à jouer le jeu car on aura droit à des remarques à ce sujet et autres félicitations.

A bout d’un moment, les mongols nous ayant vu jouer aux cartes plus tôt, ils souhaitent qu’on y rejoue afin qu’eux aussi puissent apprendre les règles. Si nous commençons la partie de Bataille Corse peu sûrs que l’on arrivera à se faire comprendre sur les règles, il ne faut pourtant pas plus de 2 parties pour que tous se joignent à nous et jouent à un niveau tout à fait normal, Tulga me battant même ! Je suis bluffé et heureux qu’on puisse se retrouver autour d’un jeu de carte alors que notre langue et notre culture nous sépare ! Instants géniaux que je tenterais de profiter au maximum malgré un brouillard toujours présent dans mon esprit. Nous faisons ainsi plusieurs parties tous ensemble à rire et jubiler de nos victoires respectives ou des défaites de l’autre. Ce n’est que vers 1H-2H du matin que nous arrêtons de jouer et partons les uns après les autres nous coucher.

Je me réveille vers 6H le lendemain alors que le jour se lèv epeu à peu. Dehors, je peux ainsi profiter de ma première et furtive vision du Désert de Gobi. Etendues arides, rocailleuses et plates qui s’étendent à perte de vue et où je m’étonne de voir parfois quelques yourtes.

Vers 7H 30, nous arrivons à  Zamyd Üud, ville frontière de la Mongolie. La Chine est proche ! Alors que l’on souhaite prendre une jeep pour traverser la frontière, comme le font les mongols, et qu’on s’attend ainsi à éventuellement devoir chercher une gare routière, nous en trouverons pourtant dès notre descente du train. Alignées sur le parking de la gare, des dizaines et dizaines de Jeeps et leur chauffeur attendent les passagers de notre trains qui sont tous très majoritairement venus dans la ville pour aller en Chine. Si j’essaie de négocier, je comprends vite que tous ont un prix fixe… ou alors un prix bien plus élevé pour les plus malhonnêtes qui essaieront de profiter de notre condition de touristes occidentaux. Devant des propositions égales, et après avoir retiré de l’argent dans la gare,  nous prenons ainsi le premier à nous avoir demandé et qui a de plus une bonne tête (délit de faciès je plaide coupable votre honneur). Quand on monte dans sa jeep verte au toit en toile complètement défoncé à l’arrière, aux fenêtres qui ne ferment pas, à la structure métallique entièrement en fer du sol au plafond à nous filer le tétanos et dont toutes les jointures des portes sont en tissus à défaut de caoutchou, ce serait presque à regretter de ne pas avoir sélectionné quelqu’un avec une bonne bouille… et une bonne voiture !

A peine la porte fermée (enfin claquée et plutôt deux fois qu’une) nous voilà partis nous deux, le chauffeur, une femme avec son enfant et un homme en direction du poste frontière. A une première barrière, notre jeep rejoint toute une file tandis que des hommes nous passent des papiers à remplir pour l’immigration à travers la fenêtre. Une demi heure plus tard, c’est enfin notre tour d’y aller et c’est à fond -60km…- que nous rejoignons une autre file ou nous attendons plus d’une heure et demi avant enfin d’atteindre le poste frontière mongol. Alors que la jeep file de l’autre côté, nous allons, accompagnés de nos sacs, passer des portiques de sécurité et faire contrôler nos passeports. Il faudra ainsi plus de 20 minutes de queue, à se faire passer devant sans que cela pose de soucis à personne, avant qu’en courant nous rejoignons la jeep pour atteindre, cette fois quasiment sans attente, le poste frontière chinois. Je ne peux que rigoler à l’arrivée de celui-ci car un énorme arc-en-ciel en métal passe au-dessus de la route pour saluer l’entrée en Chine. Pas sûr que ce soit le pays du Magicien d’Oz pourtant… Le poste frontière chinois ne pose pas le problème de queue du mongol (et ce d’autant qu’on a couru cette fois !) mais alors que nous nous apprêtons à passer, nous remarquons qu’il est nécessaire de payer une taxe 2 yuans. Arf ! Mais on n’a pas de Yuan nous ! et pas l’ombre d’un distributeur en vue ! Heureusement, la femme de notre jeep nous donne l’argent (en même temps si on ne passe pas la frontière elle serait contrainte de nous attendre avec le chauffeur) et on lui promet de la rembourser en monnaie mongole.

Nous voilà donc enfin en Chine !  A Erlian, la ville frontière chinoise, nous convenons avec le chauffeur qu’il nous dépose à la gare, tandis que nous remboursons la dame. A peine sortis de la jeep que trois personnes nous tombent dessus en nous proposant de nous emmener à Pékin en bus. Pour me faire une idée je demande le prix, 200 yuan (environ 22€), mais décline l’offre car je veux pouvoir prendre le temps de comparer le meilleur moyen d’y aller. J’espérais en effet pouvoir voir le prix des trains car il paraît qu’on peut reprendre le transmongolien parti d’Oulan-Baator pour à peine 35€ alors qu’il en aurait coûté 200 € au départ d’Erlian d’après notre guide (je pense qu’il parle de seconde classe) et ça constituerait ainsi un moyen de transport rapide pour rejoindre Pékin. Malheureusement, une fois aux guichets, on comprend qu’on est à la gare routière et que si on veut un ticket de bus, il faut l’acheter auprès des gens qui viennent à toi. Evidemment, c’est quand finalement on les cherche qu’on a du mal à les trouver ! Finalement, dans la gare on retrouve un homme qui nous annonce le même prix mais précisera que le départ est vers 15H30 pour une arrivée  vers 4H30 ! Il est 11H30 qu’allons nous faire en attendant ! Que de temps perdu avant Pékin ! On décide donc d’aller en taxi à la gare ferroviaire pour vraiment s’assurer si oui ou non il y a un train prochainement. Après nous avoir fait attendre cinq minutes, la guichetière nous annoncera froidement qu’il n’y a pas de train pour Pékin et ne nous proposera aucune solution détournée (avec correspondances) pour s’y rendre. Bon… Rebelotte, taxi qui s’en met plein les poches pour faire même pas un kilomètre et ce seulement parce qu’on n’a pas encore conscience de la chèreté ou non la vie en Chine, et nous revoilà à la gare routière ! Nous voyons d’autres conducteurs de bus qui nous confirme un départ vers 15H30, ce qui nous pousse à nous renseigner si un taxi ne voudrait pas partir de suite pour Pékin si tant est que la course ne serait pas chère. Nous négocions aurpès d’un gars, qui dès qu’il comprend que l’on ne veut pas dépasser un certain prix et que nous voulons aller jusqu’à Pékin d’une traite, nous redirige vers une jeune femme chinoise près d’une voiture espace à l’intérieur de laquelle je vois 4 occidentaux poser leurs affaire. Alleluia ! S’il y a d’autres occidentaux, cela minimise le risque de se faire plumer ou en tout cas nous ne serons pas seuls dans la galère ! La femme est d’accord pour partir immédiatement à Pékin pour 250 yuan -dont j’ai la confirmation par les occidentaux que c’est le prix qu’ils ont payé- enfin… à condition qu’une 7e personne nous rejoigne ! Ouarf ah ça non madame on peut attendre la journée comme ça ! Heureusement, nous ne sommes plus seuls et nos amis occidentaux, qui se révèleront des Turcs quadra et quiquagénaires ne l’entendent pas ainsi non plus. Finalement, la femme chinoise trouve par téléphone un chinois qui est intéressé ! Youpi ! D’un commun accord avec les Turcs, on décide de partir une demi-heure plus tard, afin d’avoir le temps de manger.

Dans un restaurant d’une enseigne qui est probablement une chaîne de restaurant, on mange ainsi notre premier et délicieux repas chinois. Tout de suite après c’est le départ ! C’est ainsi que que nous démarrons sur l’autoroute à 12H30, Marylou, moi-même et un des turcs assis aux dernières places arrières, deux turcs et le chinois récupéré en route aux places du milieu et le dernier turc à l’avant, notre chauffeur (car la femme chinoise n’était pas le chauffeur !). Seulement, rapidement le chauffeur prend des petites routes de campagne bien plus encombrées et défoncées. Les Turcs tout comme nous, commencent à se demander si le chauffeur nous emmène bien à Pékin. Il nous assure que oui. Bizarre il me semblait pas avoir souscrit à l’option « visiter les campagnes de la Chine du Nord PUIS aller à Pékin ». Il doit de toute évidence vouloir éviter les péages. Mal lui en prend car on finit très logiquement par crever. Ca a le mérite de nous offrir une petite pause après déjà 3 heures dans la voiture. Les turcs pas contrariés pour deux sous en profitent pour se faire un apéro auxquels ils nous convient à coup de sandwichs au saucisson, terrine, tomate. Miam ! Comme boisson ? De la vodka mes cadets ! Et cul sec s’il vous plaît ! En pleine chaleur ça remet les idées en place, mais bon quelle ironie de penser que c’est notre première vodka du voyage alors que nous avons traversé la Russie et la Mongolie !

Ce n’est finalement que vers 22H30, après un long trajet où nous ne nous arrêterons qu’une fois et nous subirons des cd passés en boucle que notre chauffeur nous déposera devant chez Olivier, le fils d’un ami de la famille de Marylou, après que celui-ci ait indiqué dans un chinois quasi-parfait au chauffeur son adresse, et qui nous accueille durant tout notre séjour à Pékin. L’entrée dans Pékin by night, bien que très polluée, sera majestueuse car elle se fera du côté du site olympique et nous aurons donc droit à  une magnifique vue sur le « Nid d’Oiseau » le stade Olympique des JO de 2008 tout illuminé. Alors qu’on se prend un Mc do longtemps désiré et salivé, situé en bas de l’entrée de sa résidence (Alleluia !!!), nous montons ensuite dans son immeuble comprenant plus d’une vingtaine d’étages. Dans un grand et magnifique appartement du 14e étage, nous discutons quelque peu avec lui et son ami américain Aaron avant d’aller dormir dans une chambre qu’il laisse à notre disposition.

Ah la civilisation !

 

Yayann

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