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Bayarlaa

Categorie : Steppes Mongoles

Arrivée à Karakorum  :

Et nous voilà partis pour les steppes ! Serrés comme deux sardines sur nos sièges de bus entre nos sacs et un paquet de gâteaux !
Le voyage est long et chaud ! La télé du bus diffuse des scènes burlesques sur des moments de la vie quotidienne puis des clips mongols qui, quand ils ne sont pas tournés dans les steppes se déroulent à Oulan-Baator. Vive la variété !
Un homme derrière nous connait toutes les paroles par cœur ! A propos de ce dernier, il faisait partie d’un groupe de trois hommes cherchant la mouise dans le bus et selon notre observation, un peu éméchés !

Enfin arrivés à Karakorum, nous cherchons le guichet de la gare routière jusqu’à ce qu’on demande à un homme de la police qui nous indiquera exactement l’endroit où nous avons été déposés et nous précise aussi qu’il est trop tard pour qu’il soit ouvert. Tant pis, nous passerons la nuit ici et reviendrons acheter nos billets retour demain matin ! Nous faisons quelques courses à l’épicerie du coin, en gros nous achetons des gâteaux et de l’eau que l’on appellera « eau féérique » car elle contient énormément de fer, tellement qu’on le sent !

Même si nous sommes en plein milieu d’un champs de moutons-chèvres-chevaux, chose assez exotique, nous sommes un peu déçus de passer cette première nuit à Karakorum plutôt que dans la vallée plus au Sud ! On s’enferme dans la tente, bouquins et cahiers à la main ! Un troupeau de chèvres autour de la tente nous fait sortir le bout de notre nez pour les observer ! A quelques mètres de la tente, on aperçoit leur supposé berger ! Il regarde vers nous. On lui fait un signe de main voulant lui dire bonjour ! Ni une ni deux notre nouvel ami se dirige vers nous, s’assoie devant notre tente et regarde les piquets, touche la toile. Il a l’air de ne pas trop trop savoir ce que c’est. Il nous explique qu’il va pleuvoir, qu’il habite de l’autre côté de la route et qu’il s’occupe du troupeau de chèvres. Dans un moment de vide, il s’en retourne auprès de ses chèvres. Yann retourne le voir pour lui proposer un cigario, il le prend et s’en va. En chemin il croise, un homme plus jeune, lui parle, et continue sa route. Le jeune homme se dirige vers nous et nous commençons à parler ! C’était incroyable ! Il avait l’air d’avoir des difficultés pour parler et nous faisait des signes très clairs ! Ce qui nous permettait de comprendre beaucoup plus facilement ! Il nous a lui aussi repréciser qu’il allait pleuvoir, il nous a appris qu’il était le fils du berger que l’on venait de rencontrer, qu’il s’occupait lui aussi des bêtes, que celui qui s’occupait des chevaux de l’autre côté du champs était un peu bourré, qu’il s’était battu avec quelqu’un dans la petite maisonnette derrière lui ! Puis il est parti ! Nous restons bouche-bée ! Voilà comment une journée peut au finale s’avérée réussie ! Après des heures de bus et la déception de ne pas partir de suite dans les steppes, nous rencontrons des personnes avec qui l’on peut partager un petit moment de vie. C’est magique ! La magie se poursuit encore quand nous revenons à la tente pour manger, trois enfants ne sont pas très loin et finissent par nous rejoindre. Yann qui avait prévu le coup encore, leur offre des ballons de baudruche ! Seulement ce n’étaient pas des ballons ronds, mais des ovales, ceux qu’on gonfle surement qu’avec une machine spéciale ! Donc impossible pour nous et les enfants de les gonflés ! C’est tellement dommage mais leur mère les appelle déjà, ils courent la rejoindre, elle essaye de les aider à gonfler leur ballons. Même si j’aurai préférée profiter un peu plus des gosses, cette soirée me parait déjà fabuleuse !

Nous mangeons vite et préparons la tente à affronter la pluie, sacs et chaussures à l’intérieur !

Ca y est ! L’orage est sur nous et la pluie tombe fortement accompagnée d’un vent assez fort ! Cela continuera une bonne partie du début de la nuit !

 

Une pluie d’enfer :

Le matin après avoir plier la tente nous nous dirigeons vers le centre-ville pour payer nos billets de retour. Nous apprenons finalement que les billets sont disponibles au plus tôt que du jour pour le lendemain. Tout ça pour ça !
Tant pis ! En avant pour les steppes !
Première étape, atteindre une sorte de temple en haut d’une colline qui s’avère être un endroit ultra touristique, nous y croisons deux français, deux italiens et un magnifique étalage de babioles spéciales touristes ! De l’autre côté de la colline la vallée s’étend !

C’est parti ! Nous voilà dans la vallée… Nous longeons la rivière. Nous nous arrêtons au bord pour manger. Le vent se lève quand nous repartons. Nous continuons à avancer sans trop savoir pourquoi. Juste profiter de chacun de nos pas sans avoir un but particulier ! Nos sacs se font quand même sentir et nous décidons de nous arrêter quelques minutes dans un champ pour boire notre eau féérique. Des deux yourtes devant nous un jeune cavalier en sort, monte sur son cheval et se dirige vers la colline derrière nous il revient quelques minutes plus tard avec tout un troupeau de chèvres et moutons. Les voilà qu’ils déboulent dans notre dos ! Moi, amie des bêtes, même si elles sont très loin de nous sauter sur le dos, je me lève par crainte ! Et paf ! Quelques gouttes de pluie commencent à tomber ! Comme ils sont forts ces bergers ! Ils n’ont qu’à regarder le ciel pour deviner qu’il va pleuvoir et rentrer leur troupeau ! … C’est donc l’heure pour nous de reprendre la route ! Capes de pluie sur le dos ! Nous partons ! La pluie devient de plus en plus en forte et ne s’arrête plus ! Nous marchons une heure à nous tremper les os jusqu’à ce que Yann aperçoive une yourte au loin. Il propose d’aller se poser devant et d’attendre de voir si l’on nous invite. De mon point de vue d’Occidentale, cette technique ne me parait pas très honnête, car cela signifie : « on a froid et il pleut, s’il vous plait invitez nous dans la chaleur de votre yourte parce qu’on n’ose pas rentrer directement dedans. » Effectivement, j’aurai préféré rentrer directement plutôt que de faire semblant de se poser Oh comme par hasard devant une yourte, mais je n’aurai jamais osé rentrer dans la yourte spontanément… Oui ! Gros paradoxe ! Bref ! Ayant tout de même besoin d’un peu de chaleur, et ultra curieuse de voir comment se déroule la vie dans une yourte, je suis la proposition de Yann ! Nous voilà assis à quelques mètres de la yourte, au même instant, un homme en sort, enfourche son cheval et part s’occuper du troupeau qui se trouve un peu plus loin. En revenant, il nous aperçoit et nous fait signe de venir. Nous le suivons et nous nous installons dans la yourte. Une femme et un petit enfant qui doit avoir autour de 2ans nous accueillent, nous font asseoir sur le seul lit de la yourte et nous offrent du lait froid de jument fermenté. C’est très acide, j’ai beaucoup de mal au début, mais je m’y habitue vite et bois même la portion de Yayann qui ne peut vraiment pas supporter le goût. Puis tous sortent, nous laissant seuls pendant un très long moment (je ne serai dire combien). Nous en profitons pour observer plus en détails cette yourte qui ressemble vraiment à l’idée que je me faisais d’une yourte. Des photos de familles exposées sur les caisses qui leur servent de meubles de rangement et de déménagement, un poêle au milieu, deux poteaux tenant la yourte entre lesquels nous ne pouvons passer par respect je crois, une petite table basse servant de table à manger… BREF ! Ca y est nous y sommes dans notre yourte rêvée ! La femme et l’enfant reviennent avec des pommes de pin et des sortes de gâteaux blancs que notre ami berger de la veille mangeait, et que tous les mongols mastiquent ! La femme nous en offre un chacun. Première bouchée. Mmmmmmmmm ! Du lait de jument fermenté ET transformé en pâte ! Chanceux que nous sommes… Ca a un goût horrible et s’est très difficile à mastiquer ! Il faut y aller par petits morceaux ! Et très lentement ! En plus de ça, je dois essayer de me concentrer pour ne pas avoir de mauvais relans… Au tour de nos pommes de pin maintenant ! Il faut trouver la petite graine, et la manger. Facile ! Mais je trouve que ça a un goût bizarre quand même… Je regarde Yann, il fait pareil ! La femme nous regarde… Et nous explique comment faire ! Aaah ! D’accord ! Il faut en fait casser la coquille de la graine et manger ce qu’il y a à l’intérieur ! D’aaacccoooorrd ! Il me semblait bien que je sentais une bonne dizaine de pins pousser dans mon estomac ! Bon on reprend ! Une petite graine. On l’a met dans la bouche. Jusque-là, ça va. Puis on la casse en deux. Et on mange ce qu’il y a à l’intérieur… Euh oui ! Comment ça se fait que je ne puisse pas récupérer ce qu’il y a à l’intérieur de la graine ? Et comment ça se fait que mes graines ne se cassent proprement en deux comme eux ?! à leurs petits rictus, j’imagine que nous devons avoir l’air très dégourdis avec nos graines… Yann a tout de même l’air de ne pas trop s’en sortir en cassage de coquille ! J’abandonne et reprend du lait de jument fermenté !

On essaye alors de communiquer. Je tente de nous présenter, je désigne Yann en prononçant son prénom puis me désigne en me nommant. Par des signes je leur demande de nous dire comment ils s’appellent. L’homme nous apprend alors, par des gestes, qu’ils sont les grands-parents du petit enfant parce que ses parents sont à Oulan-Baator… Yann se retourne vers moi et me dit : « Je crois qu’ils ont compris qu’on était mari et femme. » Bon, on tentera plus tard de faire des présentations. Ca sera d’ailleurs la femme qui commencera par présenter sa petite fille : Monkoun Toumoul (phonétiquement), puis elle-même : Irtin-Timik (phonétiquement encore !) et son mari : Polr (devinez quoi ? Phonétiquement !)… Nous pouvons alors nous représenter en tant que Yann et Marylou. Les présentations enfin faites, nous disons que nous venons de France ! Irtin-Timik se lève et se dirige vers les photos, elle en désigne une en nous faisant comprendre que ce sont des français qui ont pris la photo de famille et qu’ils l’ont envoyé à leur adresse sur Karakorum ! Génial ! Yann relève l’adresse et Irtin-Timik nous propose d’aller dehors pour prendre des photos d’elle et son mari en train de traire une jument ! C’est parti ! Nous voyons arrivés au loin Polr et Mounkoun Toumoul sur un cheval ! Polr souriant et faisant des signes à la caméra de Yann et Mounkoun Touml riant au rythme du cheval ! Cette petite est tellement géniale! (A ce propos, nous avons mis pas mal de temps à savoir si c’était une fille ou un garçon ! jusqu’à notre départ je n’en étais pas sûre ! La chose s’est révéler évidente quand Yann a aperçu Irtin-Timik en train d’habiller Mounkoun Toumoul, sans pantalon, il était évident que Mounkoun Toumoul était une fille !) Je me suis donc amusée comme une petite folle avec elle, ne prêtant que très peu d’attention à la traite de jument. Je retrouvais les joies des enfants (à faible dose !) en plein milieu des steppes au cœur de la Mongolie. Voyant que nous n’étions pas assez couverts, Irtin-Timik nous a prêté de vrais manteaux mongols, « spécial steppes », lourds mais chauds et confortables ! Comme il commençait à pleuvoir, je rentrais dans la yourte accompagnée de ma nouvelle super copine Mounkoun Toumoul ! Rejoins bientôt par tout le monde. Le kinoa que nous avions apporté étant prêt nous nous installons autour de la table basse sous les ordres d’Irtin-Timik et commençons notre repas, ils nous offrent aussi du mouton froid mais cuit qu’ils nous aident à manger. Ce sont des os entourés de chair dans un gros plat. Nous terminons le repas par du lait de jument fermenté froid toujours. Polr essai de nous apprendre un petit jeu. Nous ne comprenons pas tout. Ça se joue avec les doigts et celui qui perd doit boire du lait… C’est tout ce que je saisi pour le moment. Nous préparons ensuite un petit thé, puis Irtin-Timik nous installe un lit à même le sol et nous explique comment marche l’unique lampe de la yourte et la fermeture de la porte. Puis elle sort, suivi de Mounkoun Touml. Nous commençons à nous installer pour notre nuit et Mounkoun Touml revient. Elle est trempée à rester sous la pluie, me voyant au sec et sèche, elle s’approche de moi et me mouille le visage avec ses mains, puis retourne se mouiller les mains sous la pluie et revient me mouiller le visage… Elle semble impressionnée par ce qu’elle fait ! Elle est fantastique ! Polr entre à son tour pour boire son thé puis nous réexplique pour la lumière et la porte et s’en va. Nous nous couchons. Je m’endors comme une masse dans la yourte ! Quelle journée de fou !

Magique …

 

Cape ou pas cape ?!

 

Réveil en yourte ! Pas mal ! Le temps n’est pas au beau fixe. Nous petit déjeunons avec Mounkoun Touml et Irtin-Timik de bonnes pâtes, faites maison et sous nos yeux, par Irtin-Timik, avec de la viande de mouton et du lait de jument fermenté chaud cette fois… Les pâtes et la viande sont excellentes, quant au lait… Il sent une odeur de vomi et est posé sous mon nez… Difficile ! Mais le plat est tellement bon que je ne me plains pas plus et heureusement que Yann prend le relais en buvant ma portion (chacun son tour ! Ou devrai-je dire, chacun ses goûts !). Nous partons donc après ce délicieux repas et une séance photos de famille en tenu traditionnelle. Que c’est triste de se dire que nous les quittons déjà. Ils nous ont accueillis avec une telle gentillesse et nous avons vécu de vraies belles choses avec eux que terminer par un simple « Bayarlaa » et un bisou sur le front de Mounkoun-Toumoul semble trop peu pour tout exprimer.

Cependant, l’appel de la marche est tout de même trop fort pour regretter notre départ !  20 minutes à peine après que nous soyons partis, nous prenons une pause au bord de la rivière sur une pierre afin de reprendre un petit dèj (tartine de nutella et thé et café cette fois !), remplir les bouteilles et papoter un peu… Nous repartons tout en discutant. Notre route est encore bien fréquentée, nous croisons un couple de français à cheval avec un guide et quelques mobylettes. Nous décidons ensuite de couper dans les montagnes pour atteindre la vallée de l’autre côté.

Il pleuviote. Mettre la cape de pluie serait comme entrer dans un sauna, la laisser dans le sac serait retrouver toutes mes affaires trempées… Ça sera cape de pluie ! Tant pis !

Après avoir monté la première des collines, il n’y a aucune trace humaine, si ce n’est au loin une vieille cabane en bois, qui s’avèrera être un enclos. Nous marchons dans ce désert, MP3 aux oreilles. Je profite que Yann soit loin devant pour chanter à tue-tête ! L’endroit semble tellement inoccupé que nous nous arrêtons au milieu du petit sentier que nous venons de rejoindre pour manger nos nouilles chinoises ! Comme nous sommes bien en pleine nature ! Puis nous reprenons la route et tombons sur quelques yourtes… Pas si inoccupé que ça en fait ! Après quelques kilomètres, Yann nous emmène en haut d’une colline pour prendre de la hauteur et essayer de se repérer plus précisément sur la carte. Après une mini-sieste pour ma part et une séance photo pour Yayann, nous redescendons, reprenons notre marche et après quelques kilomètres nous faisons une pause devant deux yourtes, en espérant que la technique de la veille pourrait marcher pour aujourd’hui, mais nous nous avouons quand même qu’une petite nuit en tente ne serait pas regrettable non plus. Nous nous sentons un peu fatigués. Mais bon, si nous sommes ici, ce n’est pas seulement pour se faire une petite randonnette dans les steppes mais aussi, et surtout aller à la rencontre des gens qui y vivent. La pluie nous oblige à lever le camp ! Nous marcherons une petite heure avec elle puis nous plantons la tente une fois que les nuages sont partis. Par hasard, nous nous retrouvons en fait à quelques mètres d’un camp de yourtes. C’est un réel hasard et une de ces techniques pour se faire inviter. Pourtant, alors que nous étions en train de commencer à manger, on entend des pas humains proches de la tente. Nous ouvrons la porte, un cavalier nous regarde avec son cheval. Nous discutons un peu et il nous invite à venir boire un coup chez lui, dans les yourtes d’à côté. On essaye de lui expliquer que nous mangeons et que nous viendrons après avec plaisir. Il repart donc. Nous finissons tout juste notre repas quand nous entendons cette fois une voiture ! Etrange me direz-vous ! Ça l’était, mais pas tant que ça, aujourd’hui beaucoup des nomades qui vivent dans les steppes mongoles possèdent des mobylettes et moins souvent des jeeps. Nous ouvrons la tente et ce sont cette fois deux hommes qui se dressent devant notre « mini yourte ». Le même que tout à l’heure et un autre. Le second sait parler un peu d’anglais. Il nous explique alors que le premier homme est son frère et qu’ils nous invitent tous les deux à venir dans leur yourte. Nous nous préparons en vitesse (nous étions déjà en pyjama avant manger) et montons dans la voiture !

 

Quand nous entrons dans la yourte, à notre surprise la plus totale, elle est remplie de monde ! La grand-mère, le grand-père, leur fille et donc la mère des deux frères. La famille du fils aîné (celui qui est venu nous voir en premier) : ses quatre enfants (tous des gars) sa femme, et le petit frère (celui qui parle anglais). Malheureusement, nous ne retiendrons aucun des prénoms. Ils nous font asseoir, nous servent à manger et à boire. Yann discute un peu en anglais avec le fils, et autour tout à l’air de se dérouler comme d’habitude, sauf pour les enfants qui sont nous observent avec curiosité. On apprend alors qu’ils ont l’habitude de recevoir des étrangers, la semaine d’avant un groupe d’italiens à pied étaient venu les voir.

Que c’est étrange d’assister à tout cela. Les femmes, l’épouse de l’aînée notamment, sont aux fourneaux et ne cessent de parler et de servir tout le monde. Le grand-père, malade, reste allongé dans son lit nullement gêné par notre présence. Tout à semble naturel pour eux. Ils n’ont pas l’air de jouer un jeu ou de se donner un style devant des étrangers. Nous avons une chance énorme d’avoir été convié à leur réunion de famille !

Nous échangeons nos adresses mails avec le frère anglophone. Du moins Yann donne « notre » adresse car nous nous sommes encore une fois retrouvés mariés dans une yourte. Pour l’anecdote, Le frère anglophone (je suis désolée de l’appeler comme ça !), a demandé à Yann si j’étais sa femme. Par simplicité Yann a répondu que oui. D’autre part, dans certaines cultures, cela n’est pas bien vu de ne pas être marié, pas assez renseignés sur la culture mongoles, nous choisissons la facilité. Cela me met relativement mal à l’aise !
Bref ! Adresses échangées nous faisons une séance photos de famille où ils nous invitent à en faire partie, avec pour promesse de leur envoyer ensuite !

Nous quittons la tente en même temps que la mère des deux frères. Le ciel est magnifique ! La nuit est tombée quand nous étions sous la yourte et voilà qu’un ciel splendidement étoilé se dévoile ! J’en reste bouche-bée ! L’aîné des frères nous raccompagne à notre tente et heureusement ! Nous nous serions perdus sans lui et sans lumière ! Bien que je tente le coup, la nuit est bien trop fraiche pour contempler les étoiles…

 

« Dans la vallée OhOh ! » ou le retour de Bridget Jones version marécage !

Nous avons rendez-vous après 9h pour prendre le frère cavalier en photo ! Nous petit déjeunons et avant même qu’on sorte de la tente, notre ami cavalier est déjà là pour nous inviter chez lui. Nous le rejoignons quelques minutes plus tard. Il s’occupe déjà de son troupeau de chevaux avec ses fils et nous fait signe d’aller dans la yourte. Nous suivons ses ordres. Les femmes sont déjà aux commandes. Elles nous offrent des gâteaux de lait de jument, du thé et une sorte d’omelette de lait de jument… Aujourd’hui ça passe un peu moins bien que la veille, un peu trop de lait de jument sûrement !

Le petit dèj avalé nous sortons prendre le frère aîné en photo, c’est le petit garçon de 6ans qui nous guide. Déjà très autoritaire et sûr de lui. Il nous fait comprendre qu’on ne doit pas aller plus loin pour ne pas effrayer les chevaux, nous devons attendre là. Après quelques photos, nous décidons de plier la tente et de partir.

Quand nous repassons devant les yourtes, le garçon est en train de monter sur un cheval, et le voilà qu’il trotte puis galope ! Nous sommes bien en Mongolie !

Nous marchons quelques kilomètres avant d’atteindre la vallée ! Nous marchons encore un peu jusqu’à un cimetière animal (une montagne d’os) sur lequel nous mangeons, entourés de chèvres et de moutons ! Je m’essaye au  bêêêêlage de la chèvre et me surprend à y arriver !

Repas fini nous reprenons notre route en suivant la rivière, quelques chansons et piqures de moustiques plus loin, on se rend compte que nous nous éloignons de la rivière à suivre. C’est pas grave, il faut juste enjamber celle que nous suivons, elle n’est pas bien large, et nous rejoindrons l’autre.

Yann se lance le premier et saute tel un ange. Reviens tel un ange. Prends mon sac et resautes tel un ange !

C’est maintenant à moi ! Je me prépare, évalue la largeur et m’élance ! Je saute ! Tel un ange !

Arrivés de l’autre côté, nous sommes en fait sur une mini île ! Si l’on saute encore une fois de l’autre côté nous arriverons ENFIN à rejoindre notre rivière. Cette deuxième étape semble un peu plus large que la première.

Yann s’élance ! Tel un guépard il atteint l’autre rive. Encore une fois il revient tel un guépard, prend mon sac et s’élance une dernière fois tel un guépard !
Trois coups d’ange ! Trois coups de guépard ! Yayann est un athlèt !

A mon tour ! Je suis un peu moins confiante que la première fois, mais il faut bien y aller ! Je prends du recul ! Ca y est j’y vais ! Ca va l’faire ! Ca va l’faire ! Je cours ! Pose mon pied d’appui dans la vase au bord de la rive. Il s’enfonce. Je trouve quand même un bout de force dans ma jambe pour me propulser de l’autre côté ! Ca y est j’y suis ! Ou presque… Mon buste, mes bras et ma tête y sont… Mes jambes et mes pieds sont restés dans l’eau ! J’entends une grenouille à côté de moi ! Me redresse en vitesse ! Et explose de rire ! C’était Bridget Jones sur TranssibTV !

Trempée et marécageuse ! Nous repartons ! Mes chaussures font splash splash !

Quelques mètres plus loin j’entends et vois Yann sauter et crier ! « On s’enfonce ! On est dans un marécage ! » Mouise… Il est déjà de l’autre côté ! Bon à mon tour ! Ca y est j’y vais ! « Aaaaah c’est dégueulasse ! DEGUEU ! DEGUEU !! AAAAHHH !!! » Et ce pendant toute la traversée !  Que ne fut pas l’horreur en voyant Yayann la caméra à la main, filmant ma ridicule démarche de femme de marécage !… Vous ne serez pas si chanceux les amis ! Il n’a eu le temps de filmer que la fin !

Vous l’aurez sûrement compris plus vite que nous, nous ne savions pas vraiment comment retrouver la rive de notre rivière. Nous avons tourné dans ces marécages pendant une bonne heure et demie  sous les regards attentifs des habitants du coin. Jusqu’à ce que l’on voit quelques chèvres atteindre l’autre côté de la rive ! Nous les suivrons ! Pas besoin de sauter ou quoi, mettre les pieds dans l’eau et avancer suffit ! Epreuve que je redoutais un peu s’est avéré assez sympathique !

Et nous voilà de nouveau repartis ! En direction de ce que Yann pense être une source. La nature, encore ! Magnifique ! Les distances étant trop grandes, nous n’arriverons finalement pas à la dite source. Mais planterons la tente au somment d’une colline avec une vue imprenable sur une immense vallée…

Nous passerons une soirée tranquille à discuter !

 

Dans les nuages.

A notre réveil, nous nous retrouvons dans la brume que l’on espère matinale ! Plus aucune vue ! Juste du blanc ! Tout autour ! Nous sommes dans un nuage !

C’est bien marrant tout ça, mais avec cette fraîcheur nos chaussures sont encore trempées de la veille. On attendra jusqu’à 13h que le soleil se soit installé, que nos chaussures soient sèches et que l’on ait mangé pour plier bagage et redescendre de nos nuages !

Nous marchons toute la journée sous une chaleur folle dans cette immense vallée. A la recherche d’un point d’eau ! Nous en trouvons un, terreux, entouré de déchets et déjà utilisé par un troupeau de chevaux… Nous continuons notre chemin ! La carte indique une rivière pas loin d’ici ! Enfin arrivés nous nous affalons au bord ! Yann s’apprête déjà à se laver quand un homme sort de sa cabane en bois de l’autre côté de la rive. Il fait mine d’entamer une conversation avec nous, puis s’assoie et nous fixe… Je perds patience et pars marcher un peu. Quand je reviens Yann plie enfin les sacs ! Nous nous installerons un peu plus loin bien plus tranquilles ! Douche pour Yann, vaisselle pour moi et traversée de la rivière à pied pour nous deux ! Et nous reprenons la route.

Nous marcherons jusqu’à la porte d’entrée de Karakorum. Avant d’y parvenir une nouvelle petite épreuve physique s’ouvre à nous ! Longeant la route, une tranchée avait été creusée sur des kilomètres, pour empêcher les animaux de passer du champ à la route ! De loin je vois Yann enjamber d’une facilité incroyable la tranchée. Une fois arrivée devant le trou, il me semble un plus profond que ce que j’imaginais, et plus large aussi. Ne me sentant pas capable de sauter par-dessus je décide de lancer mon sac de l’autre côté, pour ensuite me propulser (telle une gazelle !). J’agrippe mon sac avec mes mains et le balance… A la une ! A la deux ! Je commence à lâcher mon sac et me rends compte qu’il va tomber dans la fosse, ne pouvant pas laisser ma «maison » choir, je tombe avec elle ! A la trois ! Je me retrouve dans la tranchée ! Mais avec mon sac dans les mains ! Yahoo ! Le trou n’est finalement pas si profond ! Je peux donc remonter sans trop de difficulté à la surface ! Un petit retour de Bridget Jones !

Rires passés, nous continuons notre chemin, fatigués, pieds et jambes endoloris, mais l’objectif final est d’atteindre le haut de cette petite colline pour y planter la tente…

Ma cheville gauche me tire énormément à cause de toute la marche et de la fatigue accumulées au cours de ces derniers jours et la montée me semble interminable ! Musique aux oreilles (Mika m’est toujours d’une grande aide dans ces cas-là !), j’avance, gardant toujours Yann en vue même de loin ! J’arrive enfin là où je pensais être le sommet… Personne à l’horizon ! Je me retourne, Yann est déjà en haut du vrai sommet ! Noooon ! Encore tout ça à monter ! C’est reparti ! Je chante pour me motiver (ce qui, cependant, me fait perdre pas mal d’énergie ! Mais c’est la fin de la journée et j’ai le temps !) ! Une fois arrivée en haut, Yann n’en peut plus ! Il avait déjà commencé à monter la tente, mais fatigué par cette journée de marche et surtout par ce dernier effort, il manque de tomber dès qu’il se relève ! Je prends la relève et on s’installe sous la tente, enfin !

Quelle nuit les amis ! Mais quelle nuit !!! Il a suffi que Yann se cale bien au chaud dans son sac de couchage et sa couverture de survie et dise : « ah ! Je vais bien dormir cette nuit ! » Pour que le vent se lève… et un vent, fort, sous une tente, c’est assez comique ! Au départ, gênés par le bruit, nous essayons quand même de nous endormir, essayant même de mettre des boules quies, ce qui personnellement ne m’a juste permis de somnoler quelques minutes. En effet, peu de temps après, Yann me « réveille » pour me dire de venir faire contre poids de son côté pendant qu’il va voir comment se porte la tente à l’extérieur. Le vent est donc aussi fort que ça ?! « Ah ! Le vent vient de soulever mon pull ! » j’entends Yann crier de l’extérieur ! Ah oui quand même ! Une fois Yann revenu à l’intérieur, nous nous asseyons tous les deux dos au vent pour tenir la tente et exercer un contre poids. On essaiera plusieurs solutions à notre problème : lire pour Yann, dormir assis pour moi, allongés, se relayer… Puis Yann a eu une idée de ouf ! « je vais démonter la tente ! » Juste les barres qui tiennent la tente, histoire qu’on puisse dormir sans se préoccuper du vent ! Quelle bonne idée !  Même si nous ne baignons pas dans le confort le plus total, nous voilà allongés, nous pouvons enfin dormir !

Une arrivée en beauté

Il est précisément 9h08 quand nous quittons notre campement pour rejoindre le centre de Karakorum ! Nous longerons la route qui y mène pendant deux heures avant de nous affalé devant le temple de la ville ! Nous partons pour une visite du temple alternée. Quand l’un garde les sacs, l’autre visite. Puis nous rejoignons la gare routière à une demi-heure de là pour acheter nos billets de retour pour le lendemain. Ceci étant fait, quelques courses de gâteaux sont nécessaires puis nous plantons la tente deux ou trois mètre plus loin que notre première nuit à Karakorum ! Il fait une chaleur à crever, pas mal pour une sieste ! Puis, le tonnerre gronde et la pluie s’abat sur nous. La boucle est bouclée, pour notre première nuit à Karakorum nous avons eu un gros orage, pour cette dernière nuit aussi !

 

Maïwylou

Commentaires (1)

Je dois avouer que les épisodes de l’ultime saut du guépart et la plongée dans l’immense gouffre de 50 centimètres de profondeurs (j’imagine….) m’ont bien fait marrer…. désolé!!!
Bisous.
Didpap.

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